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Peut-on faire des économies en se chauffant électriquement ?


Le radiateur électrique moins contraignant que d’autres sources de chauffage peut être intéressant en rénovation du fait de son faible investissement mais le coût de l’électricité rend cette solution peu rentable à moyen terme. Il faut donc choisir des appareils performants et bien adaptés à ses besoins. Technologie de chauffage, puissance, prix, rentabilité...

Technologies

Il existe de très nombreuses technologies de chauffages électriques et il reste difficile de s’y retrouver tant le marketing est fourni et trompeur sur ce marché. On distingue 4 grandes catégories :

les convecteurs (classiques ou soufflants),

les radiants (panneaux rayonnants), radiateurs à infrarouge .

les radiateurs à inertie sèche (pierre, fonte, céramique), les radiateurs à fluide caloporteur,)

les planchers chauffants électriques et les chaudières électriques.

Il faut retenir que le choix de la technologie détermine avant tout le confort ressenti lors de l’utilisation du chauffage. On choisira donc sa technologie par rapport à son besoin. Inutile par exemple d’investir dans un radiateur à inertie fonte dans une chambre, si un panneau rayonnant suffit.

Les radiateurs électriques à fluide caloporteur sont plus confortables que les panneaux rayonnants car la part de rayonnement est augmentée. En effet, la résistance va d’abord chauffer un fluide caloporteur qui rayonnera ensuite doucement dans la pièce. Grâce à cette inertie, il n'y a pas donc plus d'à-coups marche/arrêt comme c'est le cas avec un convecteur ou des panneaux rayonnants. On qualifie aussi ce type de radiateurs de « chaleur douce ».

Les radiateurs à fluide caloporteur ont un prix comparable aux radiateurs à inertie sèche. En revanche, on peut supposer que la fiabilité est plus faible car la présence du fluide peut entretenir de la maintenance. En cas de fuite, les réparations nécessitant l’ouverture du réservoir de fluide devront se faire par un professionnel agréé par la marque. De plus, le fluide mis en place est du glycol ou du pétrole, ce qui n'en fait pas un système très écologique. En fin de vie du radiateur, le fluide devra obligatoirement être déposé chez un collecteur de fluide usagé. Pour ces raisons et à prix égal, on privilégiera plutôt les radiateurs à inertie sèche.

Les radiateurs à inertie offrent un confort comparable aux radiateurs à fluide caloporteur. Ce sont aussi des systèmes à inertie qui utilise un matériau accumulateur de chaleur pour une restitution en douceur. On parle donc également de radiateurs à « chaleur douce » comme pour les radiateurs à fluide caloporteur. La différence principale vient du fait que le matériau accumulateur est inerte (à la différence du fluide qui circule) ce qui confère une meilleure fiabilité (la fonte ne tombe pas en panne). On distingue encore ici deux types de radiateurs à inertie sèche :

Radiateurs à inertie sèche avec corps de chauffe en métal : La chaleur est ici accumulée dans un métal, le plus souvent de l’aluminium ou de la fonte. En général, les radiateurs à inertie sèche avec un corps en aluminium constituent l’entrée de gamme (poids d’une dizaine de kg) tandis que les radiateurs à inertie sèche avec corps en fonte restent plus massifs (15-20 kg) et plus coûteux.

Radiateurs à inertie sèche avec corps en matériau réfractaire : La chaleur est ici stockée dans de la brique, de la céramique, de la stéatite ou encore de la lave réfractaire. La pierre permet parfois d’apporter une touche esthétique au radiateur mais la nature du matériau accumulateur n’a pas beaucoup d’influence (c’est la quantité de matière qui compte). Les modèles les plus lourds peuvent atteindre 30 à 40 kg.

Les radiateurs à double corps de chauffe associent une façade rayonnante (comme les panneaux rayonnants) et un matériau accumulateur (comme les radiateurs à inertie). De ce fait, les radiateurs peuvent tirer parti des avantages de chaque système : une montée rapide en température (comme pour les panneaux rayonnants) et un confort thermique supérieur (comme les radiateurs à inertie).

Néanmoins, ces chauffages à double corps de chauffe restent très coûteux ce qui en fait une solution économiquement peu viable. Là encore, le principal avantage de ce système est de gagner en confort comparé aux convecteurs avec une très grande surface d’échange (le sol). Cependant, la régulation est moins bonne avec ce genre d'installation car la chape flottante située au-dessus des résistances provoque un décalage entre le début de chauffe et l'augmentation effective de la température dans la pièce.

A la différence des radiateurs à inertie (fluide ou sèche), l'inertie est ici trop importante pour réguler le système efficacement, notamment en cas d'apports de chaleur importants (activité, soleil,...). Pour une meilleure répartition de la chaleur on essayera toujours de privilégier plusieurs émetteurs de chaleur. Par exemple, un chauffage électrique de 2 000W coûtera forcément moins cher que deux chauffages de 1 000W mais on concentrera la chaleur dans un seul point chaud. Avec deux radiateurs, les températures seront plus homogènes.

Peut-on faire des économies en changeant ses chauffages électriques ?

Il faut bien comprendre qu’à puissance égale, tous les chauffages électriques, qu’elles que soient leurs technologies (ou leurs marques), consomment la même chose en fonctionnement. Ainsi, un vieux « grille-pain » de 1000W consommera exactement la même chose qu’un radiateur à inertie « tout neuf » de 1 000W.

Mais… Si à puissances équivalentes, les consommations en fonctionnement sont les mêmes, il est quand même possible de faire des économies avec un nouvel appareil. Un nouveau chauffage proposant un meilleur confort thermique comme le radiateur à inertie « tout neuf » nécessitera une température de consigne moins élevée que le « grille-pain » pour la même sensation de chaleur. On aura donc tendance à baisser la température de consigne. Or, à 20°C, 1°C en moins sur la température de consigne, c'est 7% d'économies de chauffage (Ademe).

Un système de régulation efficace permet des économies d'énergie significatives

Aussi la régulation va être déterminante dans les économies d’énergie. Ainsi, un nouveau radiateur avec une bonne régulation chauffera au plus près de vos besoins et donc moins longtemps (programmation efficace, détection des absences, pilotage à distance…). En toute logique, un radiateur qui chauffe moins longtemps consomme moins d'énergie.

On peut donc bien améliorer son confort et ses consommations en changeant ses vieux convecteurs, mais attention au marketing parfois trompeur. Les 25 à 45% d’économies annoncées par les fabricants laissent rêveur et quoi qu’il en soit, à 15 cts le kWh, le chauffage électrique n’est pas un chauffage économique à l’usage.

Certes, les radiateurs à inertie restent chauds après leur extinction mais cette chaleur n’est pas produite gratuitement. En effet, elle correspond exactement à celle emmagasinée par le corps de chauffe au démarrage, avant qu’il ne réchauffe effectivement la pièce. On pourrait alors annoncer « Même allumé, ça ne chauffe toujours pas! » mais l’argument est moins vendeur…ça chauffe encore, même éteint !

Cet « argumentaire » se décline sous de nombreuses formes du type « Vous continuez à vous chauffer sans consommer d’électricité», donc restez vigilant.

Quelle puissance choisir pour ses radiateurs électriques ?

Une fois que l’on a déterminé la technologie de chauffages électriques en fonction de ses pièces d’habitation, il faut désormais doser la puissance nécessaire. En effet, comme la puissance d’un chauffage électrique est directement proportionnelle à sa consommation, il faut une installation bien dimensionnée. Voici quelques points de repères pour choisir une puissance adaptée dans le cas d’une hauteur sous plafond standard (2m50) :Puissance pour 10m²

Année de construction

Entre 2001 et 2006 Isolation moyenne 1 kW

entre 2006 à 2012 Bonne isolation 800 W

2013* Très bonne isolation 600 W

* Dans le cas d’une mauvaise isolation, il est contreproductif d’investir dans un moyen de chauffage qui ne sera pas adapté aux besoins réels de l’habitation. Il convient donc de revoir au minimum l’isolation des combles qui sera un investissement moins coûteux et plus rentable (environ 20€/m² TTC posé pour 30cm d’isolants). Pour les maisons neuves, le chauffage électrique ne peut quasiment plus être posé car il est fortement pénalisé par la réglementation (solution non renouvelable).

Avantages et inconvénients du chauffage électrique

Avantages du chauffage électrique

Faible investissement de départ

Installation facile

Aucun entretien

Bonne durée de vie

Stabilité de l’acheminement en électricité

Compatible avec une régulation efficace

Bon confort thermique (radiateurs à inertie)

Inconvénients du chauffage électrique

Coût de l’énergie (15 cts le kWh)

Non éligible aux aides financières

Rentabilité faible à moyen terme

Electricité principalement non renouvelable

Electricité très pénalisée lors des calculs de la RT 2012, à cause du facteur d'énergie primaire.

Moins de 1% des constructions neuves sont en chauffage électrique.

Confort thermique non satisfaisant (convecteurs)


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